Comment vivaient-ils ?

Par Frédérique Imbert

L'une des façons d'aller à la rencontre de nos ancêtres, consiste à tenter de redécouvrir leur mode de vie et de recréer leur environnement familier. Ce n'est pas encore de l'histoire, ce n'est plus vraiment de l'anecdote, c'est juste une manière de visualiser et de ressentir, à partir de sources incontestables, le cadre de vie de nos aïeux. Une empreinte, comme un défi au temps. Suite...
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jeudi 22 octobre 2009

Sablières, l'enchanteresse

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En prenant la route sinueuse qui longe la vallée de la DROBIE, la roseur des crêtes attire le regard.


Dans cette terre rocailleuse du BAS-VIVARAIS, l’œil exercé reconnaîtra les bruyères en fleurs qui recouvrent les cimes.


C’est dans ce décor verdoyant et fleuri que se dresse fièrement le village de
SABLIERES.





Nous y arrivons par le hameau de « LARGERON » et son fantastique « PONT DU ROUGE » qui garde encore les traces des transports d’autrefois « charrettes, mulets etc »

Le nom de ce site donnera lieu d’ailleurs à diverses interprétations plus ou moins fantaisistes.…., la plus sérieuse paraissant être le souvenir d’un Seigneur fort cruel , propriétaire en ces lieux.

A la Croix des Bancs, le bourg de SABLIERES en face et au-dessus la chapelle isolée de ST FRANCOIS REGIS.



Celle-ci s’élève au lieu-même où le Saint distribua le sacrement du baptême au cours de sa tournée pastorale des paroisses de la vallée de la DROBIE -entre la 20 Juin et le 16 Juillet 1634.


ST REGIS planta une croix en châtaignier et plus tard fut construite la chapelle.


Cependant une croix est toujours présente, témoignant de l’attachement des Sablièrois à leur passé.

Passé éminemment religieux avec une Eglise du 12è siècle dont le style roman de la construction tranche avec celui plus « récent » de la nouvelle Eglise construite en 1872, attenante à l’ancienne (restaurée d’ailleurs en 1976).





L’Eglise, surmontée d’un clocher à peigne recèle à l’intérieur une admirable Vierge Noire qui évoque celle du PUY EN VELAY (XVIIè siècle).


C’est dans cette Eglise que fut baptisée
Sainte THERESE COUDERC (née le 1er Février 1805) au MAS , un hameau de SABLIERES.



Elle sera la fondatrice de la Congrégation

des Sœurs du Cénacle de LALOUVESC (où son corps est embaumé).

Béatifiée le 4 Novembre 1951 et canonisée par la Pape PAUL VI le 10 Mai 1970.


Le promeneur remarquera les ruelles étroites du Bourg, les entrées voûtées des maisons encore en parfait état et qui d’ailleurs laissent à penser à l’activité qui régnait au 19è siècle -commerces nombreux, économie florissante-

Cependant la Grande Guerre fit payer un lourd tribu à la commune puisque 53 jeunes ne revinrent jamais au pays.


Des nombreux hameaux qui constituent le village de SABLIERES - typiques de l’habitat de montagne, implantés à proximité de bois de fayards et de châtaigneraies- celui d’ ORCIERES est particulièrement intéressant car comportant une maison bourgeoise dite « maison CATI », dont le porche est daté de 1570.


C’est dans cette maison que « viendra pour gendre » (se dit lorsqu’il n’y a pas de garçon dans la famille….et donc le mari de la fille aînée reprend la ferme) en 1756 Charles DELENNE.

Celui-ci deviendra par suite « collecteur d’impôts » puis Maire de SABLIERES en l’an IV de
la République (1796).


Face à cette ancienne demeure et en contrebas de la route, se trouvaient il y a quelques années un rucher à l’ancienne composé de troncs de châtaigniers recouverts de lauze……faisant penser à de mini-habitations troglodytes…..





Autre hameau, celui de LIGONES



qui comporte une propriété dite « Le Château ».

Il s’agit d’une maison huguenote dont certaines parties datent du 15è siècle.

En 1464 la propriété appartenait à Louis de BORNE, Seigneur de LIGONES, lieutenant bailli du Vicomte de JOYEUSE.

Le « Château » sera gravement endommagé au début du 16è siècle, à la suite des guerres de religion.

Par le traité de la Borie, en 1576 Pierre de BORNE reçoit l’autorisation de le reconstruire. Mais au milieu du 17è siècle, la famille de BORNE de LIGONES sera quasi ruinée par la guerre et ses biens mis en liquidation judiciaire.


Il semblerait que le Château de LIGONES et le Château de SERRECOURTE (hameau faisant également partie de la Commune) soient reliés par un couloir souterrain…….mais dont actuellement personne ne connaît l’entrée !


SABLIERES, son bourg, ses divers hameaux, constituent à chaque pas une découverte dans un paysage enchanteur.


SABLIERES, un autre monde…..celui où -à l’époque de l’individualisme, de la crainte de l’autre et du repli sur soi qui en découle - Le promeneur découvre chez les habitants un sens inné de l’accueil et de l’hospitalité.


SABLIERES, le temps de vivre, la cordialité, l’entraide, cela existe encore !

Les portes sont ouvertes aux visiteurs, chiens et chats se promènent au gré de leur humeurs et même!!!!!

Un âne fort sympathique accompagne un bout de chemin le randonneur…….

SABLIERES, en ce lieu sont mes racines…. Mes RACINES ARDECHOISES.



Article rédigé par
Zénobie

mercredi 21 octobre 2009

Le petit cimetière de Mélas

Voici quelques photos du petit cimetière de Mélas, paroisse qui jouxte le Teil. C'est un lieu qui a ceci d'attachant qu'il n'est ni beau, ni grandiose, ni pittoresque, ni arboré : rien de ce qui peut faire que le touriste s'y arrête, charmé par l'idée d'une mort teintée de romantisme. Non, rien de tout cela à Mélas.
Moi, il me plaît tel qu'il est : à l'état brut, coincé entre les maisons du quartier, petit, modeste, comme humble devant la mort. J'aime son réalisme.
Quelques uns de mes ancêtres y reposent, ce qui participe, il faut bien le dire, à mon attachement pour ce lieu.
Je vous le laisse découvrir.

Une du Teil
nota: cliquer sur les photos pour les agrandir et laisser vous guider.

jeudi 15 octobre 2009

Esquisse d'une vie exemplaire

Le dixieme avril de lannee mil sept cens septante est decedée et enterrée dans l’eglise collegiale d’annonay devant la chapelle notre Dame d’annonay a coté du cœur et de la sacristie mademoiselle Catherine Gourdan issue d’une famille qui s’est constament soutenue de generation en generation dans les vertus et dans la sainteté chretienne Sœur de Mre De gourdan intendant general de la Marine petite niéce de Mr Simond Gourdan chanoine de St Victor Dont la sainteté est reconnüe par nos Roys et par la France, fille légitime de Mre De Gourdan surnommés d’aumonier avocat et de Madame D’argoud. Cette derniere de cette famille distinguée par la sainteté a été de bonne heure animée de l’esprit de Dieu en suivant constamment & en recueillant les premieres sentences et impressions des vertus que ses dignes pere et mere ont la su deverser dans son cœur et qui lui ont decouvert les illusions du monde et de leurs maximes le faux et le danger de ce qui nous frape illis. bas, elle a été assez heureuse pour qu’une fortune riante dont ses parents l’ont rendüe depositaire ne la jamais eblouie et elle en a fait constamment un bon usage et cette abondance a été pour elle une source de mille graces et de mille benedictions de son Dieu toutte la ville scait parfaitement que rien n’a echapé à sa liberalité et en effet combien de miseres ont resenti les ecoulemens de ses bienfaits, dans combien de familles abandonnées delaissées desesperées dans leurs necessites extremes n’a t elle pas versée mille profusions secrettes, a l’imitation d’un Dieu pauvre elle ne s’est jamais rien reservée on peut dire d’elle qu’elle a retracée à nos yeux les premiers siècles de l’église ou la charité rendoit tout commun ou les richesses etoient le tresor des pauvres Sa maison etoit un asile et une retraite aux miserables, l’école aux ignorans une demeure pour les nouveaux convertis de sejour consacré a l’innocence et à la sainteté des mœurs ; elle a joint à l’éclat de ses grandes vertus une Modestie, une Simplicité une Candeur qui ne sont que l’appanage des saints qui n’ont d’autre ambition que celle d’aimer Dieu Sa vie a eté une separation parfaitte de tout ce qui tient quelque chose de la coruption de la nature et des sentimens de la chair avec une pleine liberté de jouir de Dieu sans que des objets sensibles puissent l’en détacher toujour prette à s’elever dans le sein de Dieu pour y gouter ses chastes delices qui la soutenoient et la puriffioient, nous l’avons vüe constamment pendant sa vie après les arrengemens pris dans sa maison après les avis donnés à sa vigilante gouvernante s’aller prosterner tous les jours et tout le jour au pied des autels adorer en esprit Dieu la vérité de Dieu qu’elle recevoit au devant ce tabernacle duquel elle s’anneantissoit pour y recevoir les impressions pleines d’amour du Dieu de la pureté et de la ferveur on en jugeoit assez au sortir de nos temples par l’onction sainte qu’elle portoit auprès de ses filles soit nouvelles converties soit orphelines soit servantes soit surveillantes. Voilà en peu de mots lesquisse de sa vie que je me crois obligé de transmettre à nos neveux. La maladie qui a precedé sa sainte mort a eté l’echo de toutes les vertus que nous avons admirés en elle il etoit juste que ayant vecu quatre vingt six ans pour notre bonheur elle mourut pour le sien elle a eté enterrée par le chapitre et par le corps religieux en presence de Messieurs demeure et peyron signés avec moy

Peiron chne, demeure chne, bonfils chne de St Ruf



Source : AD07 - Commune d'Annonay Registre 1770 p. 179 à 182

Relevé par Jacques Balandreau