J'espère que la pluie s'est arrêtée de tomber chez toi et que la Cèze ne va pas sortir de son lit.
Notre maison du Peyral est pratiquement comme elle a été construite au début du 19 ème.
A part le sol en terre battue qui a dû être remplacé par du béton et le four qui a disparu pour faire place à un escalier.
Des années d'abandon, les intempéries et les pillages l'avaient réduite à l'état de ruine lorsque nous l'avons achetée.
Elle est ma mémoire ardéchoise, ici ont vécu sur plusieurs générations mes ancêtres et je ne l'ai découverte qu'en 93 lorsque elle était menacée de destruction. C'est à ce moment là que nous avons décidé de la sauver en la gardant comme elle était.
Amicalement Claude
Claude, le ramassage des châtaignes - Octobre 2008
Tout a commencé l’été 2001, quand j’ai décidé de découvrir enfin ce CROS-DE-GEORAND, dont j’avais vaguement entendu parler par mes grands-parents.
Je me souviens, étant petite, quand je posais des questions sur mes ancêtres, on me répondait
« ils viennent de là-haut, du plateau… ».
C’est vrai que le paysage et le climat sont bien différents de celui de l’Ardèche du Sud… Pas de cigales, pas de pêchers, pas de touristes se baignant dans les eaux vives…
Eté 2001 donc, quand on arrive de la route par St Cirgues en Montagne, le panneau CROS DE GEORAND s’offre à nous au lieu-dit « La Palisse ». Pour les touristes, ce lieu est indiqué sur les guides pour le barrage sur la Loire (qui ne prend sa source que quelques kilomètres plus haut), mais pour moi c’est surtout le lieu où vécurent et où sont décédés certains de mes ancêtres à la fin du XIXème siècle.
Lorsque nous arrivâmes à La Palisse, ma fille (14 ans à l’époque) et moi-même, tout était paisible, quelques maisons parsemées…
Néanmoins, nous rencontrons sur le pas d’une porte, une dame à qui nous demandons si des VOLLE habitent encore ici… Cette sympathique dame nous montre de la main une maison 50 mètres plus loin en nous disant : « Tenez, pas plus loin que là, vous trouverez Louise, c’est une VOLLE et elle vit là depuis toujours ! ». Vous imaginez quelle fut notre joie ! et de ce pas nous nous rendîmes frapper à la porte de Louise. Une charmante dame vient nous ouvrir, nous lui expliquons brièvement le pourquoi de notre visite, et de suite elle nous accueille chez elle.
Devant une tasse de café chaleureusement servie et quelques photos sorties d’un tiroir, Louise, 88 ans, nous raconte sa vie à La Palisse. Ma fille, étonnée qu’elle soit née ici et n’ait jamais quitté ce village, lui demande alors : « Mais vous deviez vous ennuyer ici !! » « Oh que non, répond Louise, on s’amusait autrefois, tu vois là bas c’était une place et tous les samedis il y avait un bal, on rencontrait beaucoup de monde et puis les hommes se levaient matin pour aller pêcher les truites qu’ils portaient à pied à VALS LES BAINS pour les grands hôtels, beaucoup de monde habitaient ici tu sais et puis …. la voiture est arrivée et beaucoup sont partis, il y en a même qu’on n’a jamais revus…. ». J’ai senti une larme arrivée au bord de mes paupières, mais j’étais contente que ma fille adolescente entende ce bonheur… simple.
Avec Louise, on essaie de trouver des ancêtres communs, elle me parle de Catherine, je lui parle de mon grand-père, de son père, mais c’est difficile pour nous de faire le lien.
En effet, fin XIX et début XXème, les personnes prenaient souvent comme prénom le deuxième ou troisième enregistrés sur l’état civil !
Louise en fait se nommait Marie-Anne VOLLE (dite Louise) et elle-même a épousé un VOLLE. Elle nous parle de son fils Claude, facteur dans la Drôme.
Entre temps, son voisin, Léon, est venu lui rendre visite, elle nous le présente : « Vous voyez, lui aussi, c’est un cousin ! ».
Nous l’avons quittée très émues… pour continuer notre périple à la Mairie du Cros, en lui promettant de la tenir au courant de nos recherches généalogiques.
Plus tard, j’ai pu faire le lien. Louise est la fille de Bernard VOLLE et de Madame L. Bernard étant lui-même un des six fils de Louis VOLLE et de Marie Virginie TAULEIGNE. Et Louis VOLLE n’était autre que le frère jumeau de Jean Pierre, mon arrière arrière grand-père, né le 14.10.1833 à Champlatier (Cros de Géorand), cultivateur puis mineur à Rochessadoule (30), revenu décédé en 1887 à Larestas (lieu dont personne n’a entendu parler au Cros), mais qui semblerait d’après le rapprochement des mentions sur des actes d’état civils, être voisin de La Cassonié…
1887… cette fameuse inscription sur la Croix… à la Cassonié…
Malheureusement, le temps passe, les recherches prennent du temps… et je n’ai jamais eu la joie de revoir Louise pour partager et revivre avec elle, ses souvenirs et mes trouvailles… Louise est décédée 2 ou 3 ans plus tard…
Eté 2008 : Me revoilà à la Palisse, le hameau me semble plus grand que la première fois. C’est vrai qu’en 2001, je n’avais pas pris le temps de visiter, j’étais tellement bien chez Louise !
La maison de Louise est toujours là… vide… Hélas !
Celle de Léon fermée aussi…
C’est pourquoi, il faut savoir profiter des bons moments du temps présent…
Article rédigé par Fabienne Volle
Nota : par respect de la vie privée, les prénoms et certains noms ont été modifiés.
Cette église aux belles frisesen décoration fut construite vers 1170-1190. En 1464, le compoix indique une confrérie, une commanderie, un important clergé. En 1587, les Huguenots veulent s'emparer du Fort de THINES qui résiste. Ils pillent le village et font prisonnier le vieux curé.
Les statues du portail -que nous voyons encore aujourd'hui- furent défigurées à cette époque. Durant la Révolution, le village reste à l'abri des troubles. Seule, une cloche sera réclamée par la Convention en 1793.
En 1843, le Conseil de Fabrique décide d'importants travaux. Prosper Mérimée fait classer l'église en 1848. Le dernier prêtre quitte la cure en 1948. En 1973, la statue de la Vierge est volée. Elle sera remplacée par celle que nous voyons actuellement (photo ci contre).
La campagne se vide, c'est l'exode rural....... Mais l'été, des centaines de visiteurs viennent se recueillir dans ce cadre superbe.
La tragédie de THINES
Le village , qui se compose du bourg et de nombreux petits hameaux alentours sera le théâtre d'un drame en 1943.
Au hameau des "Tastevins", huit personnes furent décimées par les Allemands : six résistants et trois Agriculteurs dont une brave vieille de 90 ans. Ce drame est encore présent dans les mémoires.
Pour la Résistance Ardéchoise cette bataille incarne l'héroïsme de ces tous jeunes gens. Mais, hélas également le déshonneur de la trahison- car la perfidie fut Française-.
En effet, ce pays sauvage et reculé constituait un refuge quasiment sûr pour les maquisards. Seule une trahison a pu emmener les Allemands jusqu'à eux. Encore douloureuse malgré les ans qui ont passé, cette infamie a blessé le sens de l'accueil et l'honneur des Ardéchois.
Un monument rappelle cette tragédie. Un livre "La tragédie de THINES " a été écrit par Sylvain VILLARD afin que nous n'oublions pas ...
Le village se visite à pied depuis un parking 1 km avant THINES. A partir de là ce sera la découverte.......Ouvrez bien les yeux!!!!Vous aussi aurez envie de chanter "QUE LA MONTAGNE EST BELLE"
(D'après les écrits de L'élan des Cévennes, le résumé exposé à l'Eglise de Thines, et le livre de Sylvain VILLARD)