La Gazette de l'Ardèche vous souhaite de belles et douces fêtes de Noël,
que chacun d'entre vous trouve dans son petit soulier
le bonheur et le rêve
auxquels nous avons tous droit
J'ai choisi trois facettes de Noël qui font rêver, s'attendrir, réfléchir, se retourner sur le passé et sur l'enfance : un article, un poème, un conte.
Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.
Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.
Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.
Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.
Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.
L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.
«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.
- Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.
Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.
- Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.
La petite marchande d'allumettes - Conte d'Andersen
La bûche de Noël réunissait autrefois tous les habitants de la maison, tous les hôtes du logis, parents et domestiques, autour du foyer familial.
La bénédiction de la bûche avec les cérémonies traditionnelles dont elle se parait n'était que la bénédiction du feu, au moment où les rigueurs de la saison le rendent plus utile que jamais : cet usage existait surtout dans les pays du Nord. C'était la fête du feu, le Licht des anciens Germains, le Yule Log, le feu d'Yule des forêts druidiques, auquel les premiers chrétiens ont substitué cette fête de sainte Luce dont le nom, inscrit le 13 décembre au calendrier et venant du latin lux, lucis, rappelle encore la lumière.
Il est tout naturel qu'on mette en honneur, au 25 décembre, au cœur de l'hiver, le morceau de bois sec et résineux qui promet de chauds rayonnements aux membres raidis sous la bise. Mais, souvent, cette coutume était un impôt en nature, payé au seigneur par son vassal. A la Noël, on apportait du bois ; à Pâques, des œufs ou des agneaux ; à l'Assomption, du blé ; à la Toussaint, du vin ou de l'huile.
Il arrivait aussi, quelquefois, que les pauvres gens ne pouvant se procurer des bûches convenables pour la veillée de Noël, se les faisaient donner. « Beaucoup de religieux et de paysans, dit Léopold Bellisle, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une grosse bûche nommée tréfouet ». Le tréfeu, le tréfouet que l'on retrouve sous le même nom en Normandie, en Lorraine, en Bourgogne, en Berry, etc., c'est, nous apprend le commentaire du Dictionnaire de Jean de Garlande, la grosse bûche qui devait, suivant la tradition, durer pendant les trois jours de fêtes. De là, du reste, son nom : tréfeu, en latin tres foci, trois feux.
Partout, même dans les plus humbles chaumières, on veillait autour de larges foyers où flambait la souche de hêtre ou de chêne, avec ses bosses et ses creux, avec ses lierres et ses mousses. La porte restait grande ouverte aux pauvres gens qui venaient demander un gîte pour la nuit. On leur versait en abondance le vin, la bière ou le cidre, suivant les contrées, et une place leur était accordée à la table de famille. On attendait ainsi la Messe de minuit.
Qu'on se représente les immenses cheminées d'autrefois : sous leur manteau pouvait s'abriter une famille tout entière, parents, enfants, serviteurs, sans compter les chiens fidèles et les chats frileux. Une bonne vieille grand'mère contait des histoires qu'elle interrompait seulement pour frapper la bûche avec sa pelle à feu et en faire jaillir le plus possible d'étincelles, en disant : « Bonne année, bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons ».
La bûche de Noël était un usage très répandu dans presque toutes les provinces de notre vieille France. Voici, d'après Cornandet, le cérémonial que l'on suivait dans la plupart des familles : dès que la dernière heure du jour s'était fondue dans l'ombre de la nuit, tous les chrétiens avaient grand soin d'éteindre leurs foyers, puis allaient en foule allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l'église, en l'honneur de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l'on allait promener dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le village. C'était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes étincelles sur l'âtre ranimé.
Cependant, le père de famille, accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l'endroit du logis où, l'année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l'aïeul les déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons apportaient la bûche nouvelle. Cette bûche était toujours la plus grosse qu'on pût trouver ; c'était la plus grosse partie du tronc de l'arbre, ou même la souche, on appelait cela la Coque de Noël (le gâteau allongé en forme de bûche que l'on donnait aux enfants le jour de Noël portait encore au début du XXe siècle dans certaines provinces le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu).
On mettait le feu à cette Coque et les petits enfants allaient prier dans un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu'ils priaient l'Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. A onze heures, tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements de la cloche, on se mettait en devoir d'aller à la messe, on s'y rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas.
Dans la Semaine religieuse du diocèse de Langres du 23 décembre 1905, un vieil auteur, Marchetti, expose le sens religieux de ces pratiques : « La bûche de Noël, dit-il, représente Jésus-Christ qui s'est comparé lui-même au bois vert. Dès lors, continue notre auteur, l'iniquité étant appelée, dans le quatrième Livre des Proverbes le vin et la boisson des impies, il semble que le vin répandu par le chef de famille sur cette bûche signifiait la multitude de nos iniquités que le Père Eternel a répandues sur son Fils dans le mystère de l'Incarnation, pour être consumées avec lui dans la charité, dont il a brûlé durant le cours de sa vie mortelle ».
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En prenant la route sinueuse qui longe la vallée de la DROBIE, la roseur des crêtes attire le regard.
Dans cette terre rocailleuse du BAS-VIVARAIS, l’œil exercé reconnaîtra les bruyères en fleurs qui recouvrent les cimes.
C’est dans ce décor verdoyant et fleuri que se dresse fièrement le village de
SABLIERES.
Nous y arrivons par le hameau de « LARGERON » et son fantastique « PONT DU ROUGE » qui garde encore les traces des transports d’autrefois « charrettes, mulets etc »
Le nom de ce site donnera lieu d’ailleurs à diverses interprétations plus ou moins fantaisistes.…., la plus sérieuse paraissant être le souvenir d’un Seigneur fort cruel , propriétaire en ces lieux.
A la Croix des Bancs, le bourg de SABLIERESen face et au-dessus la chapelle isolée de ST FRANCOIS REGIS.
Celle-ci s’élève au lieu-même oùle Saint distribua le sacrement du baptême au cours de sa tournée pastorale des paroisses de la vallée de la DROBIE -entre la 20 Juin et le 16 Juillet 1634.
ST REGIS planta une croix en châtaignier et plus tard fut construite la chapelle.
Cependant une croix est toujours présente, témoignant de l’attachement des Sablièrois à leur passé.
Passé éminemment religieux avec une Eglise du 12è siècle dont le style roman de la construction tranche avec celui plus « récent » de la nouvelle Eglise construite en 1872, attenante à l’ancienne (restaurée d’ailleurs en 1976).
L’Eglise, surmontée d’un clocher à peigne recèle à l’intérieur une admirable Vierge Noire qui évoque celle du PUY EN VELAY (XVIIè siècle).
C’est dans cette Eglise que fut baptisée
Sainte THERESE COUDERC (née le 1er Février 1805) au MAS , un hameau de SABLIERES.
Elle sera la fondatrice de la Congrégation
des Sœurs du Cénacle de LALOUVESC (où son corps est embaumé).
Béatifiée le 4 Novembre 1951 et canonisée par la Pape PAUL VI le 10 Mai 1970.
Le promeneur remarquera les ruelles étroites du Bourg, les entrées voûtées des maisons encore en parfait état et qui d’ailleurs laissent à penser à l’activité qui régnait au 19è siècle -commerces nombreux, économie florissante-
Cependant la Grande Guerre fit payer un lourd tribu à la commune puisque 53 jeunes ne revinrent jamais au pays.
Des nombreux hameaux qui constituent le village de SABLIERES - typiques de l’habitat de montagne, implantés à proximité de bois de fayards et de châtaigneraies- celui d’ ORCIERES est particulièrement intéressant car comportant une maison bourgeoise dite « maison CATI », dont le porche est daté de 1570.
C’est dans cette maison que « viendra pour gendre » (se dit lorsqu’il n’y a pas de garçondans la famille….et donc le mari de la fille aînée reprend la ferme) en 1756 Charles DELENNE.
Celui-ci deviendra par suite « collecteur d’impôts » puis Maire de SABLIERES en l’an IV de
la République (1796).
Face à cette ancienne demeure et en contrebas de la route, se trouvaient il y a quelques années un rucher à l’ancienne composé de troncs de châtaigniers recouverts de lauze……faisant penser à de mini-habitations troglodytes…..
Autre hameau, celui de LIGONES
qui comporte une propriété dite « Le Château ».
Il s’agit d’une maison huguenote dont certaines parties datent du 15è siècle.
En 1464 la propriété appartenait à Louis de BORNE, Seigneur de LIGONES, lieutenant bailli du Vicomte de JOYEUSE.
Le « Château » sera gravement endommagé au début du 16è siècle, à la suite des guerres de religion.
Par le traité de la Borie, en 1576 Pierre de BORNE reçoit l’autorisation de le reconstruire. Mais au milieu du 17è siècle, la famille de BORNE de LIGONES sera quasi ruinée par la guerre et ses biens mis en liquidation judiciaire.
Il semblerait que le Château de LIGONES et le Château de SERRECOURTE (hameau faisant également partie de la Commune) soient reliés par un couloir souterrain…….mais dont actuellement personne ne connaît l’entrée !
SABLIERES, son bourg, ses divers hameaux, constituent à chaque pas une découverte dans un paysage enchanteur.
SABLIERES, un autre monde…..celui où -à l’époque de l’individualisme, de la crainte de l’autre et du replisur soi qui en découle - Le promeneur découvre chez les habitants un sens inné de l’accueil et de l’hospitalité.
SABLIERES, le temps de vivre, la cordialité, l’entraide, cela existe encore !
Les portes sont ouvertes aux visiteurs, chiens et chats se promènent au gré de leur humeurs et même!!!!!
Un âne fort sympathique accompagne un bout de chemin le randonneur…….
SABLIERES, en ce lieu sont mes racines…. Mes RACINES ARDECHOISES.
Voici quelques photos du petit cimetière de Mélas, paroisse qui jouxte le Teil. C'est un lieu qui a ceci d'attachant qu'il n'est ni beau, ni grandiose, ni pittoresque, ni arboré : rien de ce qui peut faire que le touriste s'y arrête, charmé par l'idée d'une mort teintée de romantisme. Non, rien de tout cela à Mélas. Moi, il me plaît tel qu'il est : à l'état brut, coincé entre les maisons du quartier, petit, modeste, comme humble devant la mort. J'aime son réalisme. Quelques uns de mes ancêtres y reposent, ce qui participe, il faut bien le dire, à mon attachement pour ce lieu. Je vous le laisse découvrir.
Une du Teil nota: cliquer sur les photos pour les agrandir et laisser vous guider.
Le dixieme avril de lannee mil sept cens septante est decedée et enterrée dans l’eglise collegiale d’annonay devant la chapelle notre Dame d’annonay a coté du cœur et de la sacristie mademoiselle Catherine Gourdan issue d’une famille qui s’est constament soutenue de generation en generation dans les vertus et dans la sainteté chretienne Sœur de Mre De gourdan intendant general de la Marine petite niéce de Mr Simond Gourdan chanoine de St Victor Dont la sainteté est reconnüe par nos Roys et par la France, fille légitime de Mre De Gourdan surnommés d’aumonier avocat et de Madame D’argoud. Cette derniere de cette famille distinguée par la sainteté a été de bonne heure animée de l’esprit de Dieu en suivant constamment & en recueillant les premieres sentences et impressions des vertus que ses dignes pere et mere ont la su deverser dans son cœur et qui lui ont decouvert les illusions du monde et de leurs maximes le faux et le danger de ce qui nous frape illis. bas, elle a été assez heureuse pour qu’une fortune riante dont ses parents l’ont rendüe depositaire ne la jamais eblouie et elle en a fait constamment un bon usage et cette abondance a été pour elle une source de mille graces et de mille benedictions de son Dieutoutte la ville scait parfaitement que rien n’a echapé à sa liberalité et en effet combien de miseres ont resenti les ecoulemens de ses bienfaits, dans combien de familles abandonnées delaissées desesperées dans leurs necessites extremes n’a t elle pas versée mille profusions secrettes, a l’imitation d’un Dieu pauvre elle ne s’est jamais rien reservée on peut dire d’elle qu’elle aretracée à nos yeux les premiers siècles de l’église ou la charité rendoit tout commun ou les richesses etoient le tresor des pauvres Sa maison etoit un asile et une retraite aux miserables, l’école aux ignorans une demeure pour les nouveaux convertis de sejour consacré a l’innocence et à la sainteté des mœurs ; elle a joint à l’éclat de ses grandes vertus une Modestie, une Simplicité une Candeur qui ne sont que l’appanage des saints qui n’ont d’autre ambition que celle d’aimer Dieu Sa vie a eté une separation parfaitte de tout ce qui tient quelque chose de la coruption de la nature et des sentimens de la chair avec une pleine liberté de jouir de Dieu sans que des objets sensibles puissent l’en détacher toujour prette à s’elever dans le sein de Dieu pour y gouter ses chastes delices qui la soutenoient et la puriffioient, nous l’avons vüe constamment pendant sa vie après les arrengemens pris dans sa maison après les avis donnés à sa vigilante gouvernante s’aller prosterner tous les jours et tout le jour au pied des autels adorer en esprit Dieu la vérité de Dieu qu’elle recevoit au devant ce tabernacle duquel elle s’anneantissoit pour y recevoir les impressions pleines d’amour du Dieu de la pureté et de la ferveuron en jugeoit assez au sortir de nos temples par l’onction sainte qu’elle portoit auprès de ses filles soit nouvelles converties soit orphelines soit servantes soit surveillantes. Voilà en peu de mots lesquisse de sa vie que je me crois obligé de transmettre à nos neveux. La maladie qui a precedé sa sainte mort a eté l’echo de toutes les vertus que nous avons admirés en elle il etoit juste que ayant vecu quatre vingt six ans pour notre bonheur elle mourut pour le sien elle a eté enterrée par le chapitre et par le corps religieux en presence de Messieurs demeure et peyron signés avec moy
Peiron chne, demeure chne, bonfils chne de St Ruf
Source : AD07 - Commune d'Annonay Registre 1770 p. 179 à 182
Le 29 mai1782 à été distribué à la porte de l'église de Ste Eulalie six quintaux de pain aux pauvres de la susdite paroisse et de celle des SAGNES par nous curé, les susdit quintaux à la somme de 100 livres que Mre VILLE chapelain et sous le (vocable?) de Sr Jean Baptiste a donné par 12 ans aux pauvres des ces 2 paroisses et pour la présente année 1792 , en présence de Mre TEYSSIER André prêtre et Sr MOULIN Jean Pierre signés
Source AD07 - Commune de Ste Eulalie Registre 1782 page 238 Relevé par Zon
Le 29 juin 1785 a été tué au couteau Jean Pierre FARGIER fermier de la Grange des Diszonenche, veuf de Rose BLANC et de Marie BREYSSE, âgé de 60ans, enterré le 01/07 au cimetière de Ste Eulalie e, présence de Jean GANDON et Jean Louis GINEYS illettrés
Source : AD07 Commune de Sainte Eulalie registre 1785 Relevé par Zon
Le 28 May 1744 en l'église de Nonnières , ai baptisé une fille trouvée dans la rue par quelques femmes et enfants - on lui a donné le prénom de Marie- elle ne paraissait pas avoir plus d'un jour- son parrain a été Me Antoine Chazel notaire royal de ce lieu - la marraine Marie Blache. Le 2 juin 1744 Pierre Coste habitant au moulin de Pallier paroisse de St Michel la Rance est venu demander la susdite fille nommée Marie au nom de Claire Blache fille d'Antoinette Coste laquelle dite Claire a déclaré au dit Coste que cette dite Marie était son enfant - laquelle lui a été livrée en présence de moi prieur des Nonnières pour être rendu à sa mère qui la réclame- La susdite Marie est décédée le 6 juin 1744.
Source : AD07 Commune Les Nonnières- Registre 1670-1751 page 224. Relevé par Sylvie
L'an mil sept cent quarante six et le seiziesme fevrier est née Marie Anne HEBRARD filie légitime a Guillaume et Marie TARDIEU du lieu de Larlenc, paroisse des SAGNIAS et esté baptisée au Cros le dix huitiesme dud mois n'ayant pu la porter au Sagnias à cause de l'abondance des neiges. Son parrain a esté Charles TARDIEU son oncle, sa marraine Marie REDON. Prés. Thomas CHALANCON et Joseph LAVILLE illitérés. DELAGARDE curé.
Source : AD07 Commune CROS DE GEORAND reg. 1739-1764 p123 Relevé par Fabienne
L'an mille sept cens quarante neuf et le vint troisième avril par moi prêtre commis en l'absence de Mr le Curé, soussigné en l'église d'USCLADES, a été baptisé Louis fils de Marie HAOND mariée depuis le dix-huit février dernier avec Pierre TESTUD lequel n'a point voulu reconnaître pour sien led. Louis né le vint deux dud mois d'avril,lad. HAOND ayant avoué elle même que led. Louis n'ap[partenait] pas aud. TESTUD étant venue enceinte du pays bas où elle avoit resté l'espace de huit ans, n'ayant pas voulu dire des oeuvres de qui il était. Son parrain a été Louis HAOND, frère de ladite HAOND, de la Plaine, sa marraine Marie BREYSSE de Sagnasses Présens : Claude BONNET d'Usclades et Antoine. JOURDAN de Boisfangeoux illitérés de ce enquis.BONNET ptre chapelain d'Usclades.
Source : AD07 Commune de CROS DE GEORAND Registre 075-2B 1739-1764 p166 Relevé par Fabienne
l'an mil sept cens trante quatre et le onzieme octobre a été enterré dans le cymetiere de leglise de Burzet au coin de leglise a main droite en entrant Margueritte MAYNEUF femme de Jean CONDY de Burzet agee denviron soixante et dix ans en foy de quoy nous cure avons signes" BERAUD curé
Source : AD07 Commune de Burzet registre 1725/1739 page 203 Relevé par Claude
L'an 1759 et le quatrième novembre a été enterrée Magdelaine pauvre mendiante qui disait être de la paroisse de Ste Eulalie morte le jour précédent âgée d'environ 80 ans munie des sacrement et prières de l'église présents au convoy Jacques MAZOYER et Jean louis son frère du Sandron [Genestelle] où la dite Magdelaine est morte Illettrés de ce enquis.
Source : AD 07 - Commune Genestelle - Registre 1759 page 233 Relevé par Papy François
L'an 1758 et le quinzième avril a été enterrée Jeanne TEYSSIER pauvre mendiante morte au lieu du Noujaret paroisse de Genestelle qui se disait de la paroisse de Cros joran munie des sacrements de l'église âgée d'environ soixante ans présents au convoy Antoine RIOU et Antoine BERTON illettrés.
Source : AD 07 - Commune Genestelle - Registre 1759 page 228 Relevé par Papy François
Ce dimanche de juin 2007, j'ai juste un peu gratté la terre pour arracher quelques liserons entre les jeunes pousses des dahlias et des glaïeuls, et la pièce est apparue. Lisse. Si usée que j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un de ces jetons de plastique qu'on utilise pour libérer les caddies des supermarchés. Il m'a fallu une loupe pour enfin réussir à reconnaître le profil de Napoléon III empereur des français, un aigle sur le côté pile. La date est illisible, j'ai pensé 1867.
Alors, précautionneusement, j'ai glissé la pièce dans la poche du pantalon gris de mon arrière-grand-père.
Tu étais là, Casimir, dans le jardin de Perel. Tu t'es relevé lentement, en t'appuyant sur le manche de ton piochon. Tu m'as regardée avec un faible sourire, tout en massant de ton poing ton dos endolori. Que la terre est basse et que la vie est dure ! Et durant cette pause, nous avons bavardé un moment. Les pommes de terre à biner attendront bien un peu. La paille de tes sabots irrite tes pieds nus, tu frottes l’un d’eux sur la jambe de ton pantalon. Tu n’as que quarante et un ans. Pourtant j’ai bien lu dans ton regard que les souffrances avaient cassé ta jeunesse. Quelques cheveux gris dépassent de ton chapeau.
Aucun bruit ne me parvient de la maison. La cuisine, qui est en même temps une vaste pièce à vivre, est à deux pas : il suffit de traverser le chemin.
- Tu sais, la maison est bien vide depuis que la Geneviève est passée. Ça fait plus d'un an maintenant, j'ai bien pâti pour m'en remettre. Bien cru que j'allais crever moi aussi. Bon sang, pourquoi Dieu permet des malheurs pareils ?
- Les enfants sont là. Ils entraînent vers la vie !
- La petiote, Léonie, tu pourras voir comme elle est drue ! Elle dort encore à c'te heure, et c'est qu'elle a bon appétit la garçounette : ça lui profite ! Les autres aussi vont bien, et ils sont toujours à courir. Je les ai envoyés ramasser des babelous, ça les occupe et ils sont pas dans mes jambes au moins. La Fanny est bien raisonnable, normal elle va sur ses sept ans ! Faut voir comme elle commande ses frères : une vraie patronne ! Elie et David la suivent comme des toutous. Mais tout ça, ça fait des bouches à nourrir, et ça se fait pas tout seul !
Casimir regarde au loin, songeur. Je sais qu'il pense à ses deux autres petits, qui n'ont pas vécu.
- La Geneviève s'en est jamais vraiment remise, de la mort des jumeaux. On avait décidé d'appeler notre premier garçon Casimir, comme moi : celui qui reprendrait la terre. Il est arrivé le jour exact où ma pauvre femme avait 21 ans. Ce n'était pas un petit mort-né, mais il n'a vécu que quatre heures. Tandis que la sage-femme finissait de nettoyer le bébé, on a compris qu'il y en avait un deuxième. Celui-là, même s'il a mis du temps à crier, même s'il était tout minuscule, lui il est resté vivant ! Alors c'est lui qu'on a appelé Casimir. Je suis descendu à Gilhoc le déclarer, l'autre a été inscrit Maximin.
La Geneviève était bien faible, toute pâle, et le petit bataillait pour téter ! Puis, deux jours plus tard, c'était fini pour lui aussi. Ma Geneviève, elle était bien jeune pour toute cette douleur ! Fallait être costaud pour supporter ce gros chagrin, accepter que nos deux petits garçons s'en retournent déjà dans la terre. « On en refera des petits » je lui disais, mais elle pleurait souvent, et moi ça me tordait les tripes. Et puis il y a eu Fanny, c'était dix mois plus tard. Elle a remis un peu de joie dans notre vie. Un vrai pinson celle-là !
- On reprend goût à la vie avec les enfants.
- Ben vrai, mais c'est pas pour bien longtemps. La petit Léonie, elle aura pas trop connu sa mère ! Geneviève, elle, c'est son père qui est mort quand elle avait pas mieux de six ans !
Je tente de reconstituer, bribes par bribes, une vie de misères. Casimir est cultivateur, comme ses ancêtres depuis toujours, mais dans sa jeunesse il a appris à fabriquer les sabots.
C'est lui qui a taillé ceux de toute la famille, et parfois il en vend une paire, cela aide à faire bouillir la marmite. Le prix du pain a tellement augmenté. J’ai retrouvé dans l'étable une plane rouillée, aux poignées vermoulues, ainsi qu’une gouge, sorties ainsi de l'oubli lorsqu'on a remis en état la vieille maison. Que pouvait-il acheter avec sa pièce de cinquante centimes ? A peu près un kilo de pain…
Je ne me permets pas d'interroger mon aïeul sur les rêves ou les projets qui l'habitent en ce mois de juin 1867. Les silences et les pudeurs existent, même dans mon imaginaire, et je les respecte. Casimir s'est remarié au mois de novembre de cette année-là avec Marie Eyraud. Marie a dû élever de son mieux les enfants de son époux. Ils ont vécu ensemble sous ce même toit de Perel jusqu'au décès de Marie en 1872.
Je détiens l'extrait d'acte de décès de Casimir Lafaurie, daté du 13 mars 1910 à Bollène (Vaucluse), décès déclaré par son fils David. Peut-être un jour découvrirai-je la raison de cet éloignement de son Vivarais natal.
Le 25 octobre 1703 est mort Claude DESCHAUX agé de ??? ans du lieu de la Rochette s’estant noyé en ??? la ??? au passage de CEYSSON de Malaval. A esté enterré le 27 dans nostre Ecclize du Cros. ASTIER Curé.
Source : AD07 - Commune de Cros de Georand - Registre 1700-1738 p.105
Mathieu Bourrete de la paroisse de gillahc dioceze de Valence en vivarez et nouveau converti, se trouvant détenu par la maladie au lieu des crozes dans la maison de sieur jean marcland ancien catholique paroisse de Rochepaule, et de vivant converti à la foy catholique; après avoir fait publiquement l'abjuration de Son Erreur, fait la profession de foy,S'être confessé Et avoir Reçu le Sacrement de l'extremonction et décédé au lieu des crozes le vingt huit octobre 1753 et à été enterré le vingt neuf du dit mois dans le cimetière de l'église parroissiale du dit rochepaule. ont été presents sieur jean marcland, pierre petre du lieu de la rouveyre parroisse de saint agréve, claude coste et jean petre du lieu de la vialle parroisse de rochepaule signés MARCLAND COSTE et les autres illétrés requis AULANHE curé
Source : AD07 - Commune de Rochepaule - Registre 1750-1768 p84/379
… de ce que jay receu de ..... février ? de ? 10 en décembre douze livres 20 en janvier le quatrième quatorze plus trois carterous [quartauts ? quarterons ?] des chataines blanches plus six livres et demy dhuile au de?? qu’il meu doit donner annuellement ? plus cinquante (rayé ?) quatre sous de soit le conte de ce quil me doit donner sont la ??? de ce qu’il me doit donner au……
Source : AD07 - Commune de Cros de Georand - Registre 1700-1738 p114.
Relevé par Fabienne et transcrit avec l'aide de Claude, sur une photo partiellement noircie. Il manque donc la partie droite de la page.
Le 7 janvier 1716 est ne Jean ESTIENNE a jaques et Agnes EYRAUD maries du Chabron a este baptize par moy cure le 18 nayant peu le [?] plus tot par les rigueurs de temps des neiges son parein jean EYRUVIER sa marene Anne ESTIENNE ill.
Source : AD07 - Commune de Burzet - Registre 1697/1724 page 288
Le 28 7bre 1709 est decede Sr Aymé MARTEL apre (apothicaire)age de 56 ans muny de lextreme onction estantsurpris par une chute ensevely au cimetiere le 29 ont assiste a son convoy Sr Joseph MARTEL Jaques ?
Source: AD07 Commune de BURZET - Registre 1697/1724 page 226
Le 19 mai 1729 Sr Pierre BERNARD est decedé par accident funeste ayant été trouvé son cadavre dans nostre rivière au gouffre appele courceley? le 24 e et inhume dans nostre cimetiere le 25 e susdit mois presens Pierre CAYRIER Claude ESTIENNE soneur de cloches.
Source : AD 07 Commune de Burzet - Registre 1725/1739 page 58
Le 16/04/1715 est decede de mort violente Anthoine ALEGRE cruelement assasine la nuit a sa porte a este son corps inhume au cimetiere de leglize le 17 susdit ont assiste a son convoy Pierre CAYRIER Jaques COURT - Palhers BURZET
Source : AD07 - Commune de Burzet - Registre 1697/1724 page 280