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mardi 16 février 2010

Les insomnies d'Albin Mazon



... ou les balbutiements d’une médecine pour tous.





27 décembre 1890

Histoire de l’Institut des Frères (ou des Pères) Médecins

 Albin Mazon
Alias le Docteur Francus ou Charles Blain
Accès au texte manuscrit

"Pour le moment, c’est l’histoire d’un monde qui n’a jamais existé. Mais il y a longtemps que l’idée est en germe dans mon esprit comme on pourrait le voir dans un passage du « Voyage autour de Privas ».
Le froid de ces temps derniers et la lettre que j’ai reçue hier de M. PAYRARD, curé de Cayres (Haute-Loire), ont commencé à le faire pousser en ont déterminé l’éclosion. J’y ai longtemps rêvé dans mon insomnie de cette nuit et j’ai résolu de m’en faire l’apôtre. Comment la faire réussir ? Si j’avais la foi ardente, le dévouement, le courage des saints d’un autre temps, de St Jean François Régis, de St Vincent de Paul, je les imiterais, je m’y donnerais tout entier et probablement je le ferais triompher. Mais je ne suis pas un saint, j’ai plus de 62 ans, j’ai une famille à élever et protéger, et c’est par d’autres moyens qu’il faut poursuivre la réalisation de mon projet. En somme, je voudrais faire pour l’assistance médicale dans les campagnes ce que Jean de la Salle et Mr Rivier [1] ont fait pour l’instruction primaire des classes pauvres. Mon Institut des Frères Médecins sauverait une infinité de vie précieuses à une époque où tous les statisticiens signalent avec effroi la dépopulation de la France Or, tout libre penseur que je sois, je comprends fort bien que pour arriver à faire des médecins dévoués et désintéressés, capables d’exercer leur pénible fonction, dans des pays déshérités, à travers toutes sortes de dégoûts, de fatigues et de dangers, il faut un miracle et que le sentiment religieux est seul capable de le faire. Voir ce qu’on a fait dans ce but sur le terrain laïque. Faire un article exposant brièvement mon idée sous forme d’une lettre à Magnand (ou à Brisson) et le porter au Figaro. Le patronage de ce journal peut avoir un retentissement immense. A défaut du Figaro , m’adresser à Hervé pour le Soleil, à Dénéchaud pour l’Eclair ou à Ernest Daudet (Petite Presse). En causer avec Barthélémy St Holaire, M. Lesourd [2]  (Gazette des Hôpitaux) le Docteur Roussel [photo ci-dessous]
.


Ce dernier me dira mieux que personne où en est l’assistance médicale dans notre pays. [cf la loi Roussel]

Décidément, j’ai de la philanthropie dans le sang. Mon père  [3] se dévoua à la création d’un hôpital à l’Argentière et réussit indirectement, car c’est son initiative qui détermina l’achat du château dont on fit l’hôpital actuel.
Quelle belle fin de vie j’aurais, si d’une manière ou de l’autre je pouvais contribuer à la réalisation de l’Institut des Frères Médecins ! [4]

(Ceci écrit le 27 décembre à 6 h. du matin.)"


Source : extrait de l’Encyclopédie d’Albin Mazon - AD de Privas

Commmentaires :

[1] Pourrait-il s'agir de Monsieur Rivière, instituteur en 1878 à l'école de St Vincent d'Ardentes (dans l'Indre) ? Les éléments du texte ne me permettent pas de le savoir. Mais je vous convie tout de même à visiter Le site de l'école où un historique est particulièrement bien fait et même si Monsieur Rivière n'est pas le Monsieur Rivier auquel fait allusion Albin MAZON, il doit lui ressembler comme deux gouttes d'eau.

[2] Le Docteur LESOURD a été Directeur de la Gazette des Hôpitaux.
 
[3] Le Docteur Victorin MAZON (1796-1861). Ne pas manquer l'article d'Eric Darrieux qui est une mine d'informations.
 
[4] La Sécurité Sociale verra le jour en 1945 pour faire face à l'immense vague de souffrance générée par la guerre. Mais elle aura tout de même été précédée depuis la fin du XIX° siècle par de nombreux aménagements et dispositifs successifs, autant de tâtonnements pour que la médecine soit financièrement accessible au plus grand nombre et que les pauvres bénéficient des soins au même titre que les riches. Il aura fallu beaucoup de temps pour que le rêve d'Albin Mazon fasse son chemin. Il n'aura pas pris la forme imaginée par l'auteur (pour lui, indiscutablement, ce ne pouvait qu'être sous la houlette des religieux), mais les remaniements divers qui ont cheminé au cours des années aboutiront au même résultat : celle du remboursement des soins par une "sécurité sociale" et l'élaboration du système mutualiste.
Albin Mazon serait bien tristement surpris de voir à quel point, des décennies après la mise en place de ce fantastique projet, la misère et les inégalités reprennent leur droit.

Frédérique Imbert


La peste, la justice divine et le Curé de Sablières

Les notes du Curé de Sablières, en 1720, sur le fléau qui ravagea le pays.

Cette année 1720 la Provence a été affligée
du fléau terrible de la peste, dans trois
mois qui sont septembre, octobre et novembre
elle a emporté dan la seule ville de Marseille
plus de cent mille personnes; la ville d'Aix
a eté aussi considérablement endommagée
et la crainte de ce mal contagieux a
donné l'allarme dans tout le royaume
et fait prendre de grandes precautions
partout. Dans les villes on fait garde
exacte n'y recevant aucun etrangers
s'ils n'ont de certificats de santé, ce qui
a interrompu le commerce. Le Rhone
est si exactement gardé qu'on espère
par la de garentir le Vivarès. La
suitte faira voir si Dieu aura eu egard
a toutes ces précautions n'étant pas
exempts de peché nous ne meriton
pas d'être exempt des fleaux de
Sa Justice

-------------------------
II -
La presente année 1721 la peste s'est
declarée dans le Gevaudan, la Canourgue,
Marvejol, Mende et quelques villages
circonvoisins en ont été extremement
affligés, et malheureusement le mal
s'est introduit dans le vivarès par la
foire de St barthelemy a St genies, ou
plus de la moitié des habitans de cette
paroisse sont morts de peste, Mr le Curé
a ete du nombre n'ayant rien ménagé
pour secourir son pauvre peuple. cette paroisse
a demeuré bloquée par une ligne des
troupes pendant dix mois que le mal y
a duré, il faut croire que cette
precaution jointe a la garde exacte
qu'on a fait partout a preservé ce
pays au mois jusqu'ici, a la reserve
toutefois de Laurac et des Chambons
ou sont morts presque touts les religieux.
Ce pays cy regardé comme infecté est
actuellement fermé par deux lignes
de troupes du Roy qu'il est defendu
de passer sous peine de la vie. Ces
lignes sont de Pradelle a la riviere
d'Ardeche. Le commerce de ce pays
ne s'etand pas, au dela il n'en sort
rien et il n'y entre rien qu'a travers
les barrières etablies en divers endroits.
Jusqu'ici cette paroisse et les circonvoisins
jouissent d'une santé parfaite, me
seigneur nous donne le temps de
faire pénitence, d'implorer sa
miséricorde et de nous mettre
dans de saintes dispositions pour
pouvoir luy emender avec confiance
qu'il daigne nous preserver de
ce fleau terrible de Sa juste colère.
1721

Note :

Cette année 1722 nous avons vu par
la misericorde de Dieu cesser le fleau
de la peste qui avait rependu une si
grande terreur dans tout le pays. Il n'y
a eu aucun malade dans les endroits
pestiférés depuis le mois de may dernier
et les lignes que formaint les troupes du
Roy ont eté levées le 15 de novembre
passé et le commerce retabli et le te
deum chanté dans toutes les eglises en
action de grace.


Source : AD07 commune de Sablières - Registre 1721 -
Relevé par Zénobie

jeudi 22 octobre 2009

Sablières, l'enchanteresse

*********
En prenant la route sinueuse qui longe la vallée de la DROBIE, la roseur des crêtes attire le regard.


Dans cette terre rocailleuse du BAS-VIVARAIS, l’œil exercé reconnaîtra les bruyères en fleurs qui recouvrent les cimes.


C’est dans ce décor verdoyant et fleuri que se dresse fièrement le village de
SABLIERES.





Nous y arrivons par le hameau de « LARGERON » et son fantastique « PONT DU ROUGE » qui garde encore les traces des transports d’autrefois « charrettes, mulets etc »

Le nom de ce site donnera lieu d’ailleurs à diverses interprétations plus ou moins fantaisistes.…., la plus sérieuse paraissant être le souvenir d’un Seigneur fort cruel , propriétaire en ces lieux.

A la Croix des Bancs, le bourg de SABLIERES en face et au-dessus la chapelle isolée de ST FRANCOIS REGIS.



Celle-ci s’élève au lieu-même où le Saint distribua le sacrement du baptême au cours de sa tournée pastorale des paroisses de la vallée de la DROBIE -entre la 20 Juin et le 16 Juillet 1634.


ST REGIS planta une croix en châtaignier et plus tard fut construite la chapelle.


Cependant une croix est toujours présente, témoignant de l’attachement des Sablièrois à leur passé.

Passé éminemment religieux avec une Eglise du 12è siècle dont le style roman de la construction tranche avec celui plus « récent » de la nouvelle Eglise construite en 1872, attenante à l’ancienne (restaurée d’ailleurs en 1976).





L’Eglise, surmontée d’un clocher à peigne recèle à l’intérieur une admirable Vierge Noire qui évoque celle du PUY EN VELAY (XVIIè siècle).


C’est dans cette Eglise que fut baptisée
Sainte THERESE COUDERC (née le 1er Février 1805) au MAS , un hameau de SABLIERES.



Elle sera la fondatrice de la Congrégation

des Sœurs du Cénacle de LALOUVESC (où son corps est embaumé).

Béatifiée le 4 Novembre 1951 et canonisée par la Pape PAUL VI le 10 Mai 1970.


Le promeneur remarquera les ruelles étroites du Bourg, les entrées voûtées des maisons encore en parfait état et qui d’ailleurs laissent à penser à l’activité qui régnait au 19è siècle -commerces nombreux, économie florissante-

Cependant la Grande Guerre fit payer un lourd tribu à la commune puisque 53 jeunes ne revinrent jamais au pays.


Des nombreux hameaux qui constituent le village de SABLIERES - typiques de l’habitat de montagne, implantés à proximité de bois de fayards et de châtaigneraies- celui d’ ORCIERES est particulièrement intéressant car comportant une maison bourgeoise dite « maison CATI », dont le porche est daté de 1570.


C’est dans cette maison que « viendra pour gendre » (se dit lorsqu’il n’y a pas de garçon dans la famille….et donc le mari de la fille aînée reprend la ferme) en 1756 Charles DELENNE.

Celui-ci deviendra par suite « collecteur d’impôts » puis Maire de SABLIERES en l’an IV de
la République (1796).


Face à cette ancienne demeure et en contrebas de la route, se trouvaient il y a quelques années un rucher à l’ancienne composé de troncs de châtaigniers recouverts de lauze……faisant penser à de mini-habitations troglodytes…..





Autre hameau, celui de LIGONES



qui comporte une propriété dite « Le Château ».

Il s’agit d’une maison huguenote dont certaines parties datent du 15è siècle.

En 1464 la propriété appartenait à Louis de BORNE, Seigneur de LIGONES, lieutenant bailli du Vicomte de JOYEUSE.

Le « Château » sera gravement endommagé au début du 16è siècle, à la suite des guerres de religion.

Par le traité de la Borie, en 1576 Pierre de BORNE reçoit l’autorisation de le reconstruire. Mais au milieu du 17è siècle, la famille de BORNE de LIGONES sera quasi ruinée par la guerre et ses biens mis en liquidation judiciaire.


Il semblerait que le Château de LIGONES et le Château de SERRECOURTE (hameau faisant également partie de la Commune) soient reliés par un couloir souterrain…….mais dont actuellement personne ne connaît l’entrée !


SABLIERES, son bourg, ses divers hameaux, constituent à chaque pas une découverte dans un paysage enchanteur.


SABLIERES, un autre monde…..celui où -à l’époque de l’individualisme, de la crainte de l’autre et du repli sur soi qui en découle - Le promeneur découvre chez les habitants un sens inné de l’accueil et de l’hospitalité.


SABLIERES, le temps de vivre, la cordialité, l’entraide, cela existe encore !

Les portes sont ouvertes aux visiteurs, chiens et chats se promènent au gré de leur humeurs et même!!!!!

Un âne fort sympathique accompagne un bout de chemin le randonneur…….

SABLIERES, en ce lieu sont mes racines…. Mes RACINES ARDECHOISES.



Article rédigé par
Zénobie

mardi 3 mars 2009

Le dernier acte du Curé DEROUDILHES 1793

Le 27 mai 1793, le Père DEROUDILHES enregistrait scrupuleusement son

dernier acte de baptême, suivi de cette phrase :

"On trouvera les mortuaires depuis mille sept cents quatre vingt treize

jusques a quatre vingt quinze dans le registre de l'officier public (un

mot: j'ai?) été obligé de me cacher pour fuir la persécution suscitée

contre la religion catholique et ses ministres"

DEROUDILHES Curé

Source : AD07 Commune de Rocles - Registre de Rocles 1757-1793 (p399)

Relevé par Fabienne Volle

samedi 29 novembre 2008

De la Capitation à la Taille

"Le terme capitation est issu du latin "caput, capitis", signifiant tête.

Le 18 janvier 1695, suite à la crise économique traversée par
la France entre 1692 et 1694, ce nouvel impôt direct est prélevé sur
chaque individu mâle, y compris les privilégiés ; seul le clergé est
exempté. A la suite des traités de Ryswick, signés en 1697 par Louis
XIV, la capitation est supprimée.

La capitation est réinstaurée, d'abord provisoirement, pour
faire face aux dépenses de la guerre de Succession d'Espagne, en 1702.
Le nouveau système d'imposition est basé sur le calcul de la taille.
Les dettes du pays étant si importantes, l'impôt perdurera et ne sera
aboli que lors de la Révolution française."


Transmis par Claude
Source : à préciser ...

mercredi 19 décembre 2007

L'histoire de Paul et Claude, petits bergers en vadrouille


St Laurent-sous-Coiron

Disparition de deux pupilles de l'assistance publique



Mais quelle mouche a piqué ces deux petits bergers lorsque, leur rêve pour seul bagage, ils se sont enfuis de leurs paturages, en ce mois de juillet 1911 ?

Désir de visiter le monde ? Un monde à quelques kilomètres ou un monde bien plus lointain ?

L'histoire gardera le secret de Paul et Claude, ces deux enfants dont un article du Journal de Privas signale la disparition, en juillet 1911 . Nous ne saurons probablement jamais ce que sont devenus les deux garçonnets ni ce qui les a incités à s'enfuir. A moins qu'un lecteur ne reconnaisse en eux l'un de ses ancêtres ... Sait-on jamais !



Je peux seulement maginer leur histoire


Imaginer qu'ils ont eu envie d'ailleurs, de paysages nouveaux, de villes peut-être, de boutiques animées, de jupes colorées qui virevoltent le long des jambes des jolies filles, des envies de rires, de bruits, de rues pavées sur lesquelles claquent les galoches de gamins enjoués qui se poursuivent dans les rires et les cris ; envie d'un monde neuf où, à n'en pas douter, il leur arriverait quelque aventure extraordinaire qui viendrait rompre la monotonie des mornes journées partagées entre les heures d'école et celles passées dans le silence des montagnes.



Levés aux aurores pour s'occuper des bêtes, puis journée d'école, travaux des champs, journées lourdes et monotones pour ces petits gaillards de 11 et 14 ans, qui ont envie de chahut là où ils ne trouvent que la discipline imposée par le Maître ou le grand silence des montagnes. Qu'a-t-on à faire du calme des montagnes lorsqu'on est à l'age des bétises ?




Le plus jeune s'appelle Paul Lucchesi, il a 11 ans, il est né à Marseille de parents inconnus. Le second est son aîné de trois ans, son nom est Claude Maisoneuve, lui aussi est un enfant de l'Assistance de Marseille. Recueillis tous deux par les bonnes oeuvres de l'Abbé Fouque, ils ont été placés en Ardèche. Paul chez Monsieur Chirouse et Claude chez Monsieur Marnas, tous deux propriétaires à St Laurent-sous-Coiron.

Mais par une belle journée de juillet, voilà que Paul et Claude décident de s'enfuir. Tous deux ont pourtant déjà connu l'exil, bien des années avant . Oh, pas un grand exil ... pas d'océans traversés, ni de frontières franchies ... Mais, tout de même, de Marseille à l'Ardèche, pour un petit enfant de l'Assistance, c'est le bout du monde ! Qu'ont-ils donc trouvé, dans leurs familles ardéchoises toutes neuves, lorsque ils sont arrivés de leur ville natale ?

Quel accueil leur a-t-on réservé ? Ont-ils eu la chance de trouver enfin le foyer chaleureux qui leur ferait oublier l'âpreté de l'orphelinat ? J'ai envie d'imaginer de belles maisons en pierre du pays, un peu en bordure du village, donnant sur les champs à perte de vue, dans lesquelles des familles au grand coeur auraient reçu les deux enfants et les auraient pris avec eux, leur apportant affection et soin comme s'ils étaient leurs propres enfants. Mais l'histoire ne dit pas ces choses-là.

L'Histoire, celle des livres, parle de choses autrement pragmatiques : livrets définissant les modalités des placements, textes de loi (entre autres, la loi du 23 décembre 1874) posant les droits mais aussi les devoirs des familles chez lesquels les enfants étaient placés.

Une rémunération mensuelle, des primes, des compensations financières, un trousseau, mais en échange de devoirs très clairement définis par les textes et qui doivent être respectés. Les nourrices et le chef famille sont d'ailleurs contrôlés, par le médecin contrôleur, par le maire de la commune ou encore par des agents de l'assistance publique. Par exemple, si l'enfant n'est pas vacciné, la nourrice à l'obligation de s'en préoccuper. L'éducation complète de l'enfant est confiée à ces fermiers. Il ne s'agit pas simplement de les nourrir et de les faire travailler aux champs. Le "père" doit être bienveillant et soucieux de l'assiduité de l'enfant à l'école (de l'age de 6 ans à 13 ans). Des primes sont d'ailleurs attribuées aux familles dont les enfants placés auront atteint un niveau d'études satisfaisant. Le chef de cette famille "recomposée", dirions-nous aujourd'hui, devra également répondre de l'éducation religieuse de l'enfant et veillera à ce qu'il fasse sa première communion.

Tout est prévu par les textes, le carnet de nourrice (Sevreuse ou Gardeuse), les livrets personnels, pour que l'enfant reçoive une éducation très complète dans laquelle rien n'est laissé au hasard.

Un beau témoignage m'a été confié, le Certificat délivré par le Maire à une Nourrice, en 1887, au titre de "La protection des Enfants du 1er Age".

Mais, hors du cadre des textes, dans la réalité du quotidien, que se passe-t-il vraiment au sein de la famille ? Comme dans n'importe quelle famille, personne d'autre que les intéressés ne le savent. Du pire au meilleur, tout est envisageable.

Revenons à Paul et Claude, nos deux petits bergers. Que savons-nous d'eux ? Nous savons seulement qu'ils ont été "placés" à la campagne et qu'ils sont tous deux chargés de veiller sur les troupeaux.

Alors, pourquoi s'enfuit-on lorsqu'on a 11 et 14 ans, si l'accueil est bon, le fermier honnête et juste, la soupe bien faite et les bras de la "mère" accueillants ? Que fuit-on ? Le travail était-il trop dur ? Il faut se resituer dans le contexte de l'époque et ne pas oublier que l'enfant n'a pas toujours été protégé et considéré comme il l'est de nos jours. Même si en ce début du XXème siècle, ce n'était plus "l'enfant esclave" comme par le passé, et que de grands progrès avaient été faits dans le regard qu'on lui portait, même si l'évolution était en marche, il était encore, et pour longtemps, l'enfant mis au travail très tôt et dont la force physique était utilisée dès que possible.

Le labeur était éprouvant pour ces enfants jeunes; les journées étaient longues, les nuits courtes. La mode d'antan n'était pas encline aux démonstrations de tendresse ni aux gâteries superflues. On se bornait à l'essentiel : travailler, apprendre, manger, dormir. Non par dureté particulière de l'âme mais simplement parce que le paysan lui-même travaillait bien trop dur pour avoir l'esprit à considérer l'enfant autrement que comme deux bras supplémentaires utiles à la ferme et, on ne peut pas ne pas y penser, comme une source de revenus régulière.

Alors, ont-ils fui la rudesse du travail aux champs ou simplement la routine d'une vie trop monotone ? Les deux, probablement.... A 11 ans, Paul est encore à l'école, mais Claude depuis ses 13 ans révolus n'est plus tenu d'y aller et passe ses journées dans les collines, avec ses troupeaux. Langueur d'une vie au rythme incompatible avec l'impétuosité de deux enfants débordants de vitalité et d'imagination.


Peut-être Paul et Claude se sont-ils enfuis simplement parce qu'ils sont à l'âge où l'envie de découvrir le monde est plus forte que tout. Ont-ils mûri leur projet, jour après jour, dans le secret de leurs collines, ou bien sont-ils partis sur un coup de tête ? Nul n'en saura jamais rien. Ils rêvent... ils savent bien au fond d'eux qu'il ne sera pas facile de mener à bien ce projet complètement fou et que les gendarmes se mettront en quête dès la disparition signalée... Paul et Claude savent bien qu'une miche de pain et quelques pommes ne suffiront pas pour survivre bien longtemps... et que le soir il leur faudra dormir sous les étoiles, mais peu importe. Ils ont la tête ailleurs et font semblant de ne pas savoir que l'été ne durera pas toujours... On sait tout à fait ces choses-là, à 11 et 14 ans, quand on est un petit berger débrouillard, venu de l'assistance de Marseille. Et pourtant, un beau jour, défiant la raison, on s'enfuit.

L'article du Journal de Privas dit que Claude a un oncle à Firminy (dans le Massif central entre l'Auvergne et le Forez, à la limite du Velay ) ... peut-être s'y sont-ils rendus ? Ou au contraire peut-être ont-ils évité prudemment Firminy afin de ne pas être pris par les gendarmes et poursuivre leur escapade vers la grande liberté.


J'aime imaginer que Claude et Paul ont été retrouvés en bonne santé et qu'ils n'ont pas été trop rudement punis pour avoir rêvé tout haut et donné forme à leur désir d'enfant. Je ne veux pas envisager qu'ils ont peut-être fait de mauvaises rencontres dans les chemins de traverse, qu'ils ont pu souffrir cruellement de la faim, du froid ou de quelque fièvre maligne, ou encore que quelques années plus tard, ils ont pu être pris dans les mailles serrées d'une guerre cruelle.

Les deux petits bergers ont gardé leur secret.

Article rédigé par Une du Teil

Merci à
Sandrine Penjon, Christiane Peyronnard, Raymond Periades pour les documents qu'ils m'ont transmis et grâce auxquels j'ai pu étayer mon texte.


Sources utilisées :
* Loi du 23 décembre 1874.
* Carnets de nourrice.
* Livrets personnels .
* AD07 - Revues en ligne "Le Journal de Privas" .

jeudi 8 novembre 2007

L'histoire de Paul et Claude, petits bergers en vadrouille


St Laurent-sous-Coiron

Disparition de deux pupilles de l'assistance publique



Mais quelle mouche a piqué ces deux petits bergers lorsque, leur rêve pour seul bagage, ils se sont enfuis de leurs paturages, en ce mois de juillet 1911 ?

Désir de visiter le monde ? Un monde à quelques kilomètres ou un monde bien plus lointain ?

L'histoire gardera le secret de Paul et Claude, ces deux enfants dont un article du Journal de Privas signale la disparition, en juillet 1911 . Nous ne saurons probablement jamais ce que sont devenus les deux garçonnets ni ce qui les a incités à s'enfuir. A moins qu'un lecteur ne reconnaisse en eux l'un de ses ancêtres ... Sait-on jamais !



Je peux seulement maginer leur histoire


Imaginer qu'ils ont eu envie d'ailleurs, de paysages nouveaux, de villes peut-être, de boutiques animées, de jupes colorées qui virevoltent le long des jambes des jolies filles, des envies de rires, de bruits, de rues pavées sur lesquelles claquent les galoches de gamins enjoués qui se poursuivent dans les rires et les cris ; envie d'un monde neuf où, à n'en pas douter, il leur arriverait quelque aventure extraordinaire qui viendrait rompre la monotonie des mornes journées partagées entre les heures d'école et celles passées dans le silence des montagnes.



Levés aux aurores pour s'occuper des bêtes, puis journée d'école, travaux des champs, journées lourdes et monotones pour ces petits gaillards de 11 et 14 ans, qui ont envie de chahut là où ils ne trouvent que la discipline imposée par le Maître ou le grand silence des montagnes. Qu'a-t-on à faire du calme des montagnes lorsqu'on est à l'age des bétises ?




Le plus jeune s'appelle Paul Lucchesi, il a 11 ans, il est né à Marseille de parents inconnus. Le second est son aîné de trois ans, son nom est Claude Maisoneuve, lui aussi est un enfant de l'Assistance de Marseille. Recueillis tous deux par les bonnes oeuvres de l'Abbé Fouque, ils ont été placés en Ardèche. Paul chez Monsieur Chirouse et Claude chez Monsieur Marnas, tous deux propriétaires à St Laurent-sous-Coiron.

Mais par une belle journée de juillet, voilà que Paul et Claude décident de s'enfuir. Tous deux ont pourtant déjà connu l'exil, bien des années avant . Oh, pas un grand exil ... pas d'océans traversés, ni de frontières franchies ... Mais, tout de même, de Marseille à l'Ardèche, pour un petit enfant de l'Assistance, c'est le bout du monde ! Qu'ont-ils donc trouvé, dans leurs familles ardéchoises toutes neuves, lorsque ils sont arrivés de leur ville natale ?

Quel accueil leur a-t-on réservé ? Ont-ils eu la chance de trouver enfin le foyer chaleureux qui leur ferait oublier l'âpreté de l'orphelinat ? J'ai envie d'imaginer de belles maisons en pierre du pays, un peu en bordure du village, donnant sur les champs à perte de vue, dans lesquelles des familles au grand coeur auraient reçu les deux enfants et les auraient pris avec eux, leur apportant affection et soin comme s'ils étaient leurs propres enfants. Mais l'histoire ne dit pas ces choses-là.

L'Histoire, celle des livres, parle de choses autrement pragmatiques : livrets définissant les modalités des placements, textes de loi (entre autres, la loi du 23 décembre 1874) posant les droits mais aussi les devoirs des familles chez lesquels les enfants étaient placés.

Une rémunération mensuelle, des primes, des compensations financières, un trousseau, mais en échange de devoirs très clairement définis par les textes et qui doivent être respectés. Les nourrices et le chef famille sont d'ailleurs contrôlés, par le médecin contrôleur, par le maire de la commune ou encore par des agents de l'assistance publique. Par exemple, si l'enfant n'est pas vacciné, la nourrice à l'obligation de s'en préoccuper. L'éducation complète de l'enfant est confiée à ces fermiers. Il ne s'agit pas simplement de les nourrir et de les faire travailler aux champs. Le "père" doit être bienveillant et soucieux de l'assiduité de l'enfant à l'école (de l'age de 6 ans à 13 ans). Des primes sont d'ailleurs attribuées aux familles dont les enfants placés auront atteint un niveau d'études satisfaisant. Le chef de cette famille "recomposée", dirions-nous aujourd'hui, devra également répondre de l'éducation religieuse de l'enfant et veillera à ce qu'il fasse sa première communion.

Tout est prévu par les textes, le carnet de nourrice (Sevreuse ou Gardeuse), les livrets personnels, pour que l'enfant reçoive une éducation très complète dans laquelle rien n'est laissé au hasard.

Un beau témoignage m'a été confié, le Certificat délivré par le Maire à une Nourrice, en 1887, au titre de "La protection des Enfants du 1er Age".

Mais, hors du cadre des textes, dans la réalité du quotidien, que se passe-t-il vraiment au sein de la famille ? Comme dans n'importe quelle famille, personne d'autre que les intéressés ne le savent. Du pire au meilleur, tout est envisageable.

Revenons à Paul et Claude, nos deux petits bergers. Que savons-nous d'eux ? Nous savons seulement qu'ils ont été "placés" à la campagne et qu'ils sont tous deux chargés de veiller sur les troupeaux.

Alors, pourquoi s'enfuit-on lorsqu'on a 11 et 14 ans, si l'accueil est bon, le fermier honnête et juste, la soupe bien faite et les bras de la "mère" accueillants ? Que fuit-on ? Le travail était-il trop dur ? Il faut se resituer dans le contexte de l'époque et ne pas oublier que l'enfant n'a pas toujours été protégé et considéré comme il l'est de nos jours. Même si en ce début du XXème siècle, ce n'était plus "l'enfant esclave" comme par le passé, et que de grands progrès avaient été faits dans le regard porté sur l'enfant, même si l'évolution était en marche, il était encore, et pour longtemps, l'enfant mis au travail très tôt et dont la force physique était utilisée dès que possible.

Le labeur était éprouvant pour ces enfants jeunes; les journées étaient longues, les nuits courtes. La mode d'antan n'était pas encline aux démonstrations de tendresse ni aux gâteries superflues. On se bornait à l'essentiel : travailler, apprendre, manger, dormir. Non par dureté particulière de l'âme mais simplement parce que le paysan lui-même travaillait bien trop dur pour avoir l'esprit à considérer l'enfant autrement que comme deux bras supplémentaires utiles à la ferme et, on ne peut pas ne pas y penser, comme une source de revenus régulière.

Alors, ont-ils fui la rudesse du travail aux champs ou simplement la routine d'une vie trop monotone ? Les deux, probablement.... A 11 ans, Paul est encore à l'école, mais Claude depuis ses 13 ans révolus n'est plus tenu d'y aller et passe ses journées dans les collines, avec ses troupeaux. Langueur d'une vie au rythme incompatible avec l'impétuosité de deux enfants débordants de vitalité et d'imagination.


Peut-être Paul et Claude se sont-ils enfuis simplement parce qu'ils sont à l'âge où l'envie de découvrir le monde est plus forte que tout. Ils ont dû mûrir leur projet, jour après jour, dans le secret de leurs collines, ou bien partir sur un coup de tête : nul n'en saura jamais rien. Ils rêvent... ils savent bien au fond d'eux qu'il ne sera pas facile de mener à bien ce projet complètement fou, et que les gendarmes se mettront en quête dès la disparition signalée... Paul et Claude savent bien que quelques sous ne suffiront pas pour survivre bien longtemps... et que le soir il leur faudra dormir sous les étoiles, mais peu importe. Ils ont la tête ailleurs et font semblant de ne pas savoir que l'été ne durera pas toujours... On sait tout à fait ces choses-là, à 11 et 14 ans, quand on est un petit berger débrouillard, venu de l'assistance de Marseille. Et pourtant, un beau jour, défiant la raison, on s'enfuit.

L'article du Journal de Privas dit que Claude a un oncle à Firminy (dans le Massif central entre l'Auvergne et le Forez, à la limite du Velay ) ... peut-être s'y sont-ils rendus ? Ou au contraire peut-être ont-ils évité prudemment Firminy afin de ne pas être pris par les gendarmes et poursuivre leur escapade vers la grande liberté.
J'aime imaginer que Claude et Paul ont été retrouvés en bonne santé et qu'ils n'ont pas été trop rudement punis pour avoir rêvé tout haut et donné forme à leur désir d'enfant. Je ne veux pas envisager qu'ils ont peut-être fait de mauvaises rencontres dans les chemins de traverse, qu'ils ont pu souffrir cruellement de la faim, du froid ou de quelque fièvre maligne, ou encore que quelques années plus tard, ils ont pu être pris dans les mailles serrées d'une guerre cruelle.

Les deux petits bergers ont gardé leur secret.


Article rédigé par Une du Teil

Merci à
Sandrine Penjon, Christiane Peyronnard, Raymond Periades pour les documents qu'ils m'ont transmis et grâce auxquels j'ai pu étayer mon texte, purement imaginaire
.

Sources utilisées :
* Loi du 23 décembre 1874.
* Carnets de nourrice.
* Livrets personnels .
* AD07 - Revues en ligne "Le Journal de Privas" .

dimanche 28 octobre 2007

La Commanderie de Jalès

Un brin d'histoire


Il y a 700 ans, Philippe le Bel jette les Templiers en prison

Berrias-et-Casteljau

La commanderie de Jalès est l'un des rares édifices bâtis parles Templiers qui ait traversé les siècles en conservant la quasi-totalité de ses bâtiments d'origine.






Construite en 1140, elle était l'une des bases arrière de l'activité de l' Ordre en Terre Sainte. Grosse ferme dont les revenus servaient en Orient, monastère, caserne, lieu de recrutement, maison de retraite, puis siège d'un fief, Jalès fut tout cela. Moines et soldats, les Templiers possèdent de vastes domaines. Ils dépendent directement du pape et n'ont de comptes à rendre ni au roi, ni même au clergé du royaume.



Leurs richesses font quelques jaloux... Le 13 octobre 1307, Philippe le Bel jette les Templiers du royaume en prison. Après un procès douteux, le pape Clément V dissout l' ordre en 1312. Leurs biens seront confiés aux Hospitaliers de Jérusalem, plus tard Chevaliers de Malte. Templiers, Hospitaliers ou Chevaliers de Malte, les commandeurs de Jalès seront de fait, jusqu'à la Révolution les Seigneurs locaux, craints des habitants sur qui ils percevaient l'impôt. L'un des commandeurs les plus célèbres fut le Bailly de Suffren qui s'illustra sous Louis XVI.


En 1790 un camp de protestants armés s'étant réunis dans la plaine de Boucoiran, Louis de Malbosc, maire de Berrias, installe le premier « camp de Jalès », qui comprendra entre 30 000 et 40 000 hommes, catholiques désireux d'en découdre avec les protestants du Gard et patriotes légalistes. Les esprits finissent par se calmer mais l'affaire fait grand bruit.


En février 1791, un second camp ira à l'échec. Le troisième et dernier camp de Jalès, en 1792, est clairement une tentative contre-révolutionnaire menée par le Comte de Saillans et le prieur de Chambonnas pour rétablir l'ancien régime. Le complot est découvert, Saillans se réfugie au château de Banne, où il sera défait avant d'être décapité place de la Grave aux Vans.
Jalès connaîtra un début d'incendie et le fort de Banne sera détruit.

Vendu comme un bien national en 1793, la Commanderie fut rachetée par des paysans qui utilisèrent les locaux comme habitations et bâtiments agricoles.Une partie importante appartient aujourd'hui au département.

Article paru dans le Dauphiné Drôme-Ardèche le 13/10/07 non signé

A consulter, le très beau site consacré à la Commanderie de Jalès

Transmis par Kalou07

mardi 23 octobre 2007

L’occitan, qu’es aquo ?

L’occitan ou langue d’Oc est une langue latine dont on retrouve les traces au Moyen Age.

Du XI ème au XIIIème siècle , l’occitan est la langue des « trobadors ». Ces poètes chantent l’amour et la douleur amoureuse. Parmi les plus connus :

- Guilhem IX d’Aquitaine
- Bernard de Ventadour
- Guiraut Riquier


qui font l’éducation sentimentale de l’Europe.





C’est également en Occitan qu’est rédigée la première grammaire occidentale.

On remarque à l’époque la Cour d’Aquitaine (cf ci-contre Aliénor d’Aquitaine) qui contrairement à celle des Francs (très rustres) est d’un raffinement extrême.



Cliquer pour agrandir


L’aire géographique occitane
correspond à une trentaine de départements :

- du Sud de Limoges jusqu’en Catalogne Espagnole ( où l’Occitan est langue co-officielle depuis
1990) excepté le Pays Basque.
- de l’Auvergne jusqu’au Piémont italien inclus (dialecte dauphinois)
- et bien sûr toute la zone sud - sud-est (Midi- Pyrénées - Languedoc Roussillon et Provence
Alpes Côte d’Azur)


Le Provençal et l’Occitan

Le Provençal est une variété de l’Occitan.
C’est en Provençal qu’ont été écrits les chefs-d’œuvre de littérature occitane de Frédéric Mistral.

A côté de l’occitan central (Languedocien) les autres grandes variétés sont le Gascon et le Nord - Occitan.
Il s’agit donc d’un ensemble de parlers quelquefois assez différents mais ayant une base commune.
L’intercompréhension se fait assez facilement entre les diverses formes régionales.


Patois et Occitan

Patois : mot infâmant , inventé à la Cour du Roi de France pour mépriser puis faire disparaître tous les parlers différents de la langue officielle : le Français.

On a fait croire à nos ancêtres que le patois était un parler vulgaire, sans culture, qu’il ne fallait surtout pas transmettre aux enfants.
A l’école où le Français était obligatoire, combien de punitions ont été infligées aux malheureux qui « lâchaient une expression interdite »……


L’histoire de la bobine

L’élève qui s’exprimait en Occitan recevait une bobine dont il devait se débarrasser au plus tôt sous peine d’être puni le soir.
Donc , dès qu’il entendait un autre élève placer un mot « interdit » dans la conversation,il s’empressait de la lui donner.
Et ainsi de suite tout au long de la journée.
Et c’était le « pauvret » qui était en possession de cette maudite bobine qui , le soir, écopait de la punition……

Voici comment l’Occitan fut dévalorisé et ce, durant plusieurs générations.

Mes souvenirs des années 50-60 le démontrent encore.
Il arrivait au père de parler quelque peu Occitan…… et c’était la mère -soucieuse de la bonne éducation de sa progéniture- qui l’interpellait :

- « Ne parle pas patois devant les enfants! »

De nos jours, combien de personnes âgées qui connaissent pourtant bien le parler Occitan refusent de le faire lorsqu’on les en prie… C’est que ces préjugés sont encore bien ancrés.

Et pourtant quelle richesse nous avons là…

La permanencia de nôtre patrimôni es ligada al destin de la lenga occitana

Article rédigé par ZENOBIE

Qui s’est aidée d’une brochure réalisée par le Servici de la lenga Occitana de Montpellier
Du livre « Bougres d’ânes » d’Aimat SERRE pour l’histoire de la bobine
Et d’un compte-rendu de celui qui m’a aidée à retrouver la langue de mes ancêtres
L’occitaniste Peire MAZODIER